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COP21 – Why are the media celebrating this bullshit?

I posted this comment here at “Climate Crocks” because it’s a damn good site that gets a whole lot more hits I do. But — dammit — I wrote it so I’m entitled to put it here too.


 

Gotta hand it you guys who were apparently able to read, digest & analyse the 31 pages of the Paris Agreement in 24 hours. It’s taken me 3 days.

  1. James Hansen is right: it’s a fraud.
  2. I feel utterly betrayed by the politicians, by the scientists who’ve failed to shout from the rooftops, “Poppycock!” and the press who are falling over themselves to avoid pointing out that the emperor is stark fucking naked.
  3. I made a list of decisions COP21 would have to take in order to maintain (achieve?) credibility :

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Weather, cricket and other bad news

Graph point of no return

Feeeeeeeeeeeelthy day! I donned full wet weather gear to take Sam out all the same, but I’m not sure she thanked me for it. And I was denied the satisfaction of finding the first periwinkles where they damn well ought to have been.

For the third time in a row, England’s ODI cricket team were swatted aside, dismembered and left in the field for the critics to pick over. Joe Root’s was the only head held high – again.

Me and my computer have come up with this graph. I almost wish we hadn’t. My initial hypothesis is, I’m bound to admit, ridiculously optimistic: world leaders agree to reach peak CO2-e emissions in 2020 and by some unimaginable miracle they do so. Furthermore, emissions are then reduced, slowly at first, then at up to 3% p.a. I know, I know – it ain’t gonna happen. But bear with me. The point is that even this wildly optimistic scenario would take us through the IPCC’s ceiling of 1000 KGt (their “budget” for total man-made emissions since 1750) in 2028.

That doesn’t mean that everything would suddenly go tits up in 2028, because all that extra energy would still have to be absorbed by the system and be translated into nasty events. But it does mean that from 2028 on we would know we were — not to put too fine a point on it — fucked.

A constant 5% rate of reduction from 2021 on makes little difference.

Even a 10% rate only pushes the point of no return back to about 2045.

To push the point of no return into the next century, peak emissions have to come forward to 2018 and still be followed by constant 10% p.a. reductions.

These numbers are comparable to those used by Clive Hamilton in Requiem For A Species. I just wanted to do the calculations myself.

Cheering news this is not. And it’s still raining…

Climat : Contraintes & servitudes et d’autres vaches sacrées

Dans deux articles récents, j’ai évoqué les limites qui s’imposent aux compétences des municipalités en matière d’implantation d’éoliennes, le besoin pour le gouvernement d’assumer ses responsabilités et de fournir des informations complètes sur les conséquences du changement climatique, et l’importance pour chacun d’entre nous de se poser la bonne question : non point « Que pouvons-nous faire ? » mais « Que faut-il faire ? ». Aujourd’hui je vais vous présenter une carte qui illustre la conjugaison de ces trois volets.

Il s’agit de la carte des « Contraintes et servitudes techniques » à proximité de Bournezeau, extraite de l’étude menée pour la création d’une zone de développement éolien. Bournezeau (où j’habite depuis bientôt quatre ans) est une commune rurale d’un peu plus de 3000 habitants avec une superficie d’environ 6300 ha, nichée au cœur du bocage vendéen à 15km à l’Est de La Roche-sur-Yon. Nous le verrons, quelque 6280 ha sont réputés inaptes à l’installation d’éoliennes et celles-ci doivent se regrouper en deux mini-parcs de chacun trois mâts, alors que la réglementation tient pour non fiables des parcs de moins de cinq mâts !* Le moins qu’on puisse dire, c’est que la commune ne se sent pas soutenue, encore moins encouragée, par l’esprit de la loi.

Rester dans la terreAvant d’en venir au détail de cette carte, rappelons brièvement ce que nous savons du réchauffement générale et de la perturbation climatique qui en est la conséquence. Mes sources comprennent : les 4ème et 5ème rapports du GIEC, publié en 2007 et 2013 ; plusieurs études de publication récente ; mes propres calculs ; de nombreux sites Internet ; et plusieurs livres.**

  1. Par rapport à l’ère préindustrielle la température moyenne à la surface du globe a augmenté d’environ 0,85°C.
  2. Ce réchauffement est dû à l’effet de serre produit par d’importantes quantités de CO2 projetées dans l’atmosphère par les industries humaines. Depuis 250 ans, en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz, nous avons ajouté quelque 530.000.000 tonnes de CO2*** à l’atmosphère.
  3. Ces émissions continuent et vont croissant.
  4. La concentration de CO2 dans l’atmosphère est de 400 ppm—une augmentation de 40% par rapport à son niveau préindustriel—et continue de monter au rythme de 20 ppm par décennie
  5. Le réchauffement aussi continue et il accélère.
  6. Les politiques disent qu’il est possible de limiter le réchauffement à +2° en réduisant nos émissions. Ils ne disent pas ce qui se passerait si nous ne les réduisions pas.
  7. Les scientifiques disent que le scénario +2° n’est plus réaliste et que si nous poursuivons dans la voie du « business as usual » la hausse de température d’ici à la fin du siècle sera d’au moins 4 à 5°.
  8. Les conséquences du réchauffement de seulement 0,85° sont :
    • déstabilisation du Jet Stream → périodes prolongées d’extrême froid ou d’extrême chaleur
    • perturbation du cycle de l’eau → dérangement des rythmes de précipitation → inondations/sécheresse → déplacement des zones arables
    • réchauffement des océans → tempêtes tropicales plus fréquentes, plus violentes, sur une zone élargie, et déplacement des espèces marines
    • fonte de la banquise → moins d’énergie reflétée dans l’espace → accélération du réchauffement
    • début de fonte significative des calottes glaciaires → risque d’une montée très rapide des océans et risque importante de perturbation du Golfe Stream
    • début de fonte du permafrost → risque d’augmentation très rapide du CO2-e atmosphérique → renforcement du réchauffement au-delà d’un seuil de réversibilité → syndrome de Vénus
  9. Les conséquences d’un réchauffement de 2°, imprévisibles dans le détail, seraient sans aucun doute beaucoup plus graves et—même selon le GIEC—probablement irréversibles.
  10. Pendant au moins 800 000 ans la quantité de CO2 atmosphérique était déterminée par la température des océans. Depuis peu—environ 200 ans—et à une vitesse fulgurante, ces rôles ont été inversés. L’Homme est à l’origine d’un changement d’époque géologique et, par définition, plus rien ne sera jamais comme avant.

C’est dans ce contexte qu’il faut évaluer la carte des « contraintes et servitudes techniques à proximité de Bournezeau. Logiquement, elle devrait refléter l’urgence avec laquelle nous essayons de réduire nos émissions de CO2.

Contraintes & servitudes

En effet, c’est bien ce qu’elle fait, sauf que nous devons parler plutôt de non-urgence. On voit tout de suite que l’Administration ne considère pas les éoliennes comme une nécessité mais plutôt comme un élément perturbateur qu’il faut éviter. Regardons ces contraintes et servitudes de plus près :

  • Les couloirs le long des autoroutes et des routes nationales : de premier abord, cela semble relever du bon sens même. Une éolienne qui tomberait sur la route, ça ferait désordre, c’est sûr. Toutefois, je me demande pourquoi le couloir doit-il être de 280m de part et d’autres d’une autoroute, alors que 150m suffisent pour une nationale ? Les mâts ne sont pas plus hauts et les autoroutes intègre déjà une large zone de sécurité. Et cette contrainte s’impose-t-elle à toutes sortes de construction ? Un immeuble de 75m de haut, par exemple, doit-il être situé à au moins 75m de la route ? Si oui, il y a cohérence au moins ; sinon, pourquoi ?
  • La vallée du Petit Lay est inondable, certes. Et alors ? On met bien des éoliennes en mer, n’est-ce pas ?
  • La zone de dégagement de l’aérodrome de La Roche : non sans ironie, on interdit l’installation d’une énergie renouvelable sur une grosse tranche de la commune en donnant la priorité au passage occasionnel d’un petit avion crachant le CO2.
  • La zone de protection de 500m des habitations actuelles et futures : pourquoi 500m ? Pourquoi pas 450m ou 495 ou 505,07 ? C’est un chiffre rond, arbitraire, choisi parce que cela semble être « beaucoup » dans le seul but de rassurer les gens, sans qu’il ne repose sur aucun critère objectif. En effet, ce rayon de 500m autour de la moindre maison interdit les éoliennes sur la quasi-totalité de la commune.

élément perturbateurDe toute évidence, cette carte révèle l’attitude d’une Administration qui n’attache aucune importance à la mise en place rapide et étendue de l’énergie renouvelable. Pire, il s’ensuit une logique parfaitement tordue : « vous voyez bien qu’on ne peut pas installer des éoliennes en nombre suffisante, donc les éoliennes ne font pas l’affaire ! » Et pourtant, il y a une autre logique qui saute aux yeux : (i) il faut déployer les éoliennes à grande échelle, mais (ii) la réglementation actuelle ne le permet pas, donc (iii) il faut changer la réglementation, bon sang de bon Dieu !  Encore et toujours, il faut partir du constat de ce que nous devons faire et non point se demander ce que nous pouvons faire.

Prenons l’exemple du périmètre de « protection » de 500m autour des habitations. Peut-on même imaginer combien de paragraphes et de sous-paragraphes dans combien d’articles de loi, d’ordonnances et de codes de ci et de ça y font référence ? Ou les permis de construire, les projets d’alignement ou d’assainissement qui en tiennent compte ? La même chose est vraie pour la définition et l’application de la zone de dégagement le long d’une autoroute, pour une ligne à haute tension, pour les approches d’un aérodrome, etc., etc. Toutes ces références croisées constituent le dense tissu d’un cadre législatif qui se doit d’être parfaitement cohérent. Modifier ce tissu de manière radicale en s’y prenant maille par maille est proprement impensable. Enfin—et pour pousser la métaphore jusqu’aux limites—ce tissu est devenu une camisole de force empêchant toute liberté de mouvement et il faut le jeter. Il nous faudra un tout nouveau corps de loi—le Code Climat—qui aura la priorité sur tout le reste.

La transition vers une société décarbonisée passera par un vaste changement qui chamboulera tout ce qui rend notre quotidien familier, d’autant plus que ce changement devra se passer très vite. Pour vous donner un ordre de grandeur, il s’agit plus ou moins de défaire l’histoire économique et industrielle du 20e siècle et d’établir un nouveau modèle soutenable… en l’espace d’une trentaine d’années. Pour atteindre ce nouvel avenir il faudra bâtir des routes neuves, car les anciennes sont un véritable spaghetti administratif, encombré, qui plus est, d’innombrables vaches sacrées que nous appelons « contraintes et servitudes ».

D’après le GIEC, la quantité totale de gaz à effet de serre que nous pouvions ajouter à l’atmosphère était de 1000 Gt et nous en avons déjà émis 530 Gt depuis le début de l’ère industriel. Il nous reste donc 430 Gt à « dépenser » et il ne faut pas être un Einstein pour comprendre que plus on tarde à stopper la croissance de nos émissions, plus courte sera la période qui restera pour les réduire à zéro. Clive Hamilton et Jeffrey Sachs de la SDSN ont retenu, tous deux, l’année 2020 pour « peak carbon », suivie d’une période de 30 années de réduction rapide pour arriver à un taux de CO2 stabilisé de, respectivement, 450 et 550 ppm en l’an 2050, suivie enfin d’une période plus longue pour éliminer les émissions restantes.

Notre destination est donc connue : un niveau de CO2 atmosphérique stabilisé à 450 ppm (voire 550) à l’horizon de l’an 2050. Nous connaissons également au moins une borne sur la route : mettre un terme à la croissance de nos émissions très, très vite, d’ici à l’an 2020. Grâce à la SDSN et à son projet de DDPP nous aurons bientôt une bonne idée des décisions politiques qui seront nécessaire pour rendre ce cheminement possible. D’ores et déjà la première de ces décisions est évidente : les réserves de pétrole et de gaz pas encore exploitées doivent rester dans la terre. Ce ne sera que la première des vaches sacrées à tomber.

*

* Entre-temps, cette contrainte a été levée et la commune a pu poursuivre son projet de deux parcs de chacun trois mâts.

** Dont notamment Requiem pour l’espèce humaine et Les apprentis sorciers de Clive Hamilton ; The God Species de Mark Lynas ; Complexity: Life at the edge of Chaos de Roger Lewin ; The Earth: An Intimate History de Richard Fortey ; les rapports du GIEC sont disponibles ici et ici ; mes calculs concernant la montée des océans basés sur la croissance exponentielle de la fonte des calottes glaciaires ; et d’innombrables études et articles.

IPCC table of all CO2-e*** Le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre que nous émettons mais il en est le principal. Pour l’analyse détaillée, voir ce tableau [lien] extrait du rapport
n°5 du GIEC. Les scientifiques utilisent « Gt CO2-e » (équivalent) pour l’ensemble de ce mélange néfaste.

† 1000 Gt est la valeur généralement citée. Mais le GIEC l’a révisée vers le bas dans la version finale de son rapport AR5. Compte tenu des autres facteurs listées dans le tableau ci-dessus, le budget global de CO2 est plutôt de 800 Gt. Autrement dit, nous en avons déjà consommé non pas la moitié mais les deux tiers. 

 

More on Ferguson – the hardware deployed and the principles involved

In this starkly horrifying article, Jon Swaine and Amanda Holpuch list the various forces seen on the streets in Ferguson and the weapons they are using. Remember this is a small town of 22,000 people with a nominal police force of 53.

Sans titre-1Accompanying the [armoured] trucks have been hundreds of officers from various forces from around the region. Some state troopers and county police officers have been kitted out in basic riot gear – shields, batons and helmets with visors – along with their standard handguns and plastic cuffs.

Others, whose affiliations are not made clear by their uniform, have been carrying what look like AR-15 assault rifles. They wear helmets and all-black body armour, some with partial urban camouflage.

On Wednesday evening, some such officers were carrying 12-gauge shotguns and “super-sock” bean-bag cartridges for shooting at protesters. Protesters have also been fired on with 60-calibre Stinger rubber bullets and what appear to be 40mm wooden baton roundsMini “flashbang” stun grenades, which are used by the US army to disorient combatants, have also been deployed.

But the most alarming sight for many protesters and residents has been the deployment of officers wearing army-style fatigues distinguished only from the military version by the word “POLICE” emblazoned in grey across their chest. Some have been carrying grenade launchers,apparently for shooting gas canisters. The remains of “triple chaser” grenades have been found on the streets. Others have carried paintball-style guns for shooting pepperballs.

*

And there is powerful stuff here from Gary Younge, reminding us that — whatever the appearances — rioting is always a political act.

Those who call for law and order now must understand that there is no order because men with badges have been acting lawlessly.

As I wrote after the riots in London three years ago: “Insisting on the criminality of those involved, as though that alone explains their motivations and the context is irrelevant, is fatuous. To stress criminality does not deny the political nature of what took place, it simply chooses to only partially describe it. They were looting, not shoplifting, and challenging the police for control of the streets, not stealing [policemen’s] hubcaps. When a group of people join forces to flout both law and social convention, they are acting politically.”

For good reason, the nature of such rebellions troubles many. They attract opportunists, macho-men and thrill-seekers as well as the righteously indignant and politically militant. Resistance to occupation is often romanticised but never pretty. And Ferguson – a mostly black town under curfew in which the entire political power structure is white, with a militarised police force that killed a black child – was under occupation.

Riots are also polarising. They narrow the base of support for campaigns, sending potential sympathisers into the arms of the state, demanding a police crackdown. People ask: what could violent protest possibly achieve? It is a good question. But it only has any validity if they also question the nature of the “peace” preceding it. Those who call for calm must question how calm anyone can be in the knowledge that their son, brother or lover could be shot in such a way.

People have a right to resist occupation, even if we don’t necessarily agree with every method they use to do so.

As I also wrote, following the British disturbances: “One should not overstate the case: [throwing firebombs and shooting at police] are not the hallmarks of political sophistication. But then nor are riots. They are the crudest tool for those who have few options. By definition, they are chaotic. Rich people don’t riot because they have other forms of influence. Riots are a class act.”