Climat : Les âneries de Werner Munter

Un article faisant valoir les idées saugrenues de Werner Munter, paru dans Le Matin, le 3 mai 2014, a refait surface et circule sous forme de courriels. C’est dommage : ça oblige un honnête blogueur à prendre du temps pour y mettre de l’ordre. Aussi c’est décevant de constater qu’il existe encore un public pour ce genre de pseudoscience, dont certains se félicitent comme s’il s’agissait d’un véritable samizdat.

Voici d’abord ce que dit Munter, “spécialiste reconnu des avalanches, [qui] planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique”, selon le journaliste Laurent Grabet :

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. […] Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud ! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

[La deuxième] La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe ? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an ! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes !

[La troisième] Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple : la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

[Comment expliquer le réchauffement ?] Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre !

Commençons par la fin, car c’est là que nous voyons le niveau scientifique du bonhomme. J’ai le souvenir d’avoir lu quelque part un conseil aux jeunes scientifiques, disant à peu de choses près : “Poursuis tes idées. Fonce ! Peu importe si tes hypothèses bousculent Einstein, Dirac, Maxwell et compagnie. Tant que les résultats expérimentaux ne te contredisent pas, on s’en fout. Toute théorie existe pour être infirmée. C’est ça, la méthode scientifique. Mais sache que le jour où tu te trouves avec la deuxième loi de la thermodynamique en travers de ta route, là — très probablement — tu t’es planté.” Munter, qui n’est ni jeune ni scientifique, a dû pourtant comprendre qu’on ne plaisante pas avec la deuxième loi de la thermodynamique et il semble penser qu’en la brandissant il va désarmer toute critique éventuelle. Hélas, il n’a rien compris du tout ! Aucun climatologue n’a jamais dit que “l’atmosphère réchauffe la Terre”. Ce serait en effet “une aberration”. Ce qui se passe dans l’atmosphère est à la fois plus subtile et plus précis. Un lecteur scandalisé (et, à juste titre, méprisant) l’a très bien résumé dans son commentaire : “Lorsqu’un rayon réfléchi ou émis par le sol frappe une molécule de CO2, il est renvoyé, notamment vers le sol. Qu’il y ait 5% de CO2 en plus implique un effet de serre dû au COaugmenté de 5%.” Et d’ajouter : “Un élève de licence en physique pourrait déboulonner cet argument en 5 min. Ce soi-disant expert autodidacte ne sait pas de quoi il parle.” Pour conclure, on peut dire, certes, que l’atmosphère constitue une sorte de couverture chauffante pour la Terre, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’une métaphore. L’atmosphère ne réchauffe pas la Terre pour autant, pas plus que le verre ne réchauffe la serre !

Voilà qui nous situe les connaissances scientifiques de Werner Munter et sa capacité à dire n’importe quoi. A vrais dire, cela pourrait suffire pour nous épargner l’analyse de ses autres “arguments”. Mais bon… pour la forme, allons-y.

— “…il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons.”
Certes, mais il faut savoir les relativiser à l’échelle de la tendance générale.

Blips on graphe 1

Blips 2

Blips 3

— “Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud !”
Il mélange tout ! Depuis “des centaines de milliers d’années” la Terre connaît la glaciation plus ou moins permanente, ponctuée par de courtes périodes interglaciaires. Sur “des centaines de milliers d’années” la corrélation entre CO2 atmosphérique et température ne fait aucun doute, grâce à l’analyse des carottages de glace. Pour retrouver des températures “jusqu’à 7 degrés plus chaud”, il faut remonter des dizaines de millions d’années en arrière, à une époque où les continents étaient disposés autrement et les grands courants marins n’avaient pas démarré. Or, la mise en place de la configuration actuelle des plaques tectoniques a eu lieu il y a 2,5 millions d’années seulement et ce qui passait à la surface de la Terre auparavant relevait, à toutes fins utiles, d’une autre planète.

— “Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs.”
C’est une calomnie ahurissante ! Il y aurait donc un complot parmi les milliers de chercheurs contribuant aux travaux du GIEC et — indirectement, de par leur silence — des dizaines de milliers d’autres ? Qui est-ce qui manque de crédibilité ? Qu’il y ait des intérêts financiers en jeu, nul ne le doute ; mais de quel côté ? C’est plutôt l’industrie des énergies fossiles qui dépense des milliards pour intimider les scientifiques et les politiques, dans le but de protéger ses revenus obscènement élevés. Et allez me trouver un article sérieux sur les travaux du GIEC qui n’ajoute “…dont les prévisions sont souvent critiquées pour être trop optimistes”.

— “Ces théories visent à nous culpabiliser.”
Euh… pardon, mais quelles théories ? Sait-il même différencier une théorie, une hypothèse, une mesure, une probabilité ? Le langage scientifique peut manquer d’élégance, mais jamais de précision. 

Enfin, n’oublions pas le bon sens. Il a beau être parfaitement inutile en physique quantique, le bon sens est plutôt assez fiable dans le monde newtonien. Il suffit de regarder l’évidence en face pour pour voir “un truc qui cloche”. Prenez deux minutes pour regarder cette petite animation publiée par la NOAA. C’est un peu long à démarrer, mais ça vaut la peine de la regarder plusieurs fois, afin d’absorber toutes les informations qu’elle présente.

NOAA animated graphic

“…c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat.”
Pas du tout, c’est chose faite. Bon sang, mais c’est d’une évidence monumentale ! Auparavant, la température déterminait le niveau de CO2 atmosphérique. Désormais ce sera l’inverse. C’est un bouleversement à l’échelle géologique et plus rien ne sera jamais comme avant. 

La désinformation sur le changement climatique n’est pas ce qui manque. Les propos de Werner Munter n’en sont qu’un exemple particulièrement stupide. Je n’aurais pas pris une journée pour y répondre s’ils ne m’étaient pas parvenus par le biais de gens que je tiens pour raisonnables et raisonnablement informés. Qu’ils aient pu gober toute crue une telle sottise sur la thermodynamique, je n’en reviens pas. Quant au Matin, publier un tel amalgame de pseudoscience, d’approximation cavalière et de « moi-je-n’y-crois-pas » sans prévenir le lecteur que, scientifiquement, ça ne tient pas debout, est impardonnable. Un article comme celui de Graber, une fois publié, reste longtemps accessible dans l’infosphère. Même si les inexactitudes sont démontrées le lendemain de sa publication, il peut ressortir plusieurs mois plus tard sans les corrections et être pris pour une information fiable par un public dont les connaissances scientifiques sont tristement inadéquates. D’où l’importance pour les médias d’agir de manière responsable.

J’espère que mes amis vont faire circuler ce poste parmi leurs correspondants. Et je leur conseille, très vivement, de lire le chapitre sur les stratégies du dénie dans Requiem pour l’espèce humaine de Clive Hamilton.


 

Ce débat est devenu stérile. Je ne publierai plus de commentaires au sujet de cet article. Beaucoup de choses ont changé. Voir plutôt ici .

 

20 thoughts on “Climat : Les âneries de Werner Munter

  1. Merci beaucoup pout toutes vos clarifications. Je lirai certainement le Hamilton. Autre livre a mediter “Thinking fast, thinking slow”, de Kahneman

  2. Merci beaucoup pour les clarifications (et excuse le manque d’accent sur ce clavier Querty). J’ai voulu y repondre moi-meme hier, mais je me suis trouve rapidement a ramer, car, comme tout un chacun non-scientifique, arriver a avancer de vraies refutations a ce genre de salma-gondis n’est pas si facile qu’il en a l’air. En revanche, en tant que psy, je comprend pas mal au sujet du deni. Un aspect de ceci est l’element du “bon sens” — les derniers hivers ont ete tres durs, qu’est-ce que c’est que cette histoire de rechauffement? Comprendre que nous devons penser en decennies non pas en annees est deja assez difficile et pourtant lorsque l’on a commence a reflechir en temps geologique il y a deux cents ans, quasi personne n’a pu suivre, aujourd’hui le temps geologique est une banalite.
    Le deni prend la forme donc de ne pas vouloir adopter des mesures de base adequates, mais egalement la forme de “je te parie que.. (ceci n’aura pas lieu)”. Lorsque je suis arrive en France debut 1985, plein de gens s’en prenait a l’idee que les ceintures de securite allaient sauver des vies. Il y avaient plusieurs histoires comme quoi Mr Dupont, catapulte a travers la pare-brise de sa voiture avait la vie sauve parce sa bagnole a ensuite explose, et il aurait ete brule vif s’il avait porte une ceinture. Le deni s’enniche dans une espace fait d’angoisse mais aussi d’orgueil “ces scientifiques avec le nez dans les chiffres, que savent-ils de la vie?” Ce melange est au plus feroce aux E-Us ou l’on parle des tetes-pointus qui cherchent a nous controler la vie. La-bas, on ne pense pas quelque chose, on croit en quelque chose. La science qui encense la doute utile est une malvenue dans une culture qui honore surtout les certitudes. Amicalement, Michael

    1. Toutes mes excuses pour avoir laissé ce commentaire sans réponse. J’étais conscient d’avoir la tête dans le guidon, mais à ce point-là…! Sorry.

      “…aujourd’hui le temps géologique est une banalité.” Hélas, si seulement c’était vrais ! On en est encore loin.

      “…ces scientifiques avec le nez dans les chiffres” : oui, ça m’surpris – ou plutôt ça m’a choqué – dans la bouche de Jean-Louis Etienne (l’explorateur). Je suis allé écouter ce grand bonhomme à Chalons et j’en suis sorti très, très déçu.

      “…on croit en quelque chose.” Quand on me dit, “Moi, j’y crois pas trop,” j’explique que cela se traduit par, “Je n’en sait rien et je ne suis pas fichu de me renseigner.” Ou, si mon interlocuteur est un vrai emmerdeur, “Croyez ce que vous voulez, monsieur, moi je préfère penser.”

      Plus généralement, voici un diapo que j’ai emprunté à Dan Miller et que j’inclus dans toutes mes présentations.

      Amicalement, Roger

  3. Mais pourquoi ne parle-t’on toujours que du CO2, alors qu’il y a d’autres gaz à effet de serre ?
    Il me semble avoir lu que le méthane que produit les vaches (1.2milliards sur la planète, je crois) fait à lui tout seul dans les 18% (de ces gaz à effet de serre).
    Si je me souviens bien, c’est plus que l’ensemble des transports (voitures, avions, bateaux, trains, etc.). Or si on entend clairement un discours (culpabilisant pour reprendre le mot du Suisse) pour limiter et taxer les transports (et pro-nucléraire), on entend assez peu de choses sur le végétarisme, par exemple (nous n’aurions plus besoin d’élever autant de vaches). Le méthane ne contribue-t’il pas aussi au réchauffement climatique ?

    1. Tu n’as pas tort. Pour être exact on devrait parler de CO2e : CO2 équivalent. Mais, d’une part, le CO2 est largement majoritaire dans nos émissions de GES. GES tableau du GIEC

      D’autre part, le CO2 est une cible facile à identifier, et provient largement d’une seule source : les énergies fossiles. On ne peut guère attaquer tous les producteurs de GES en même temps.

  4. Moi je n’y connnais rien mais en revanche j’ai l’impression que dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec la pensée unique il se fait démonter et crédibiliser bien violement .
    J’ai vraiment l’impression que ce probléme se rapproche beaucoup de la pensée religieuse , avec ses hérétiques et son inquisition . De toute façon même si vous avez raison vous imaginez 2 secondes que la chine et puis bientot l’inde et l’afrique dans 20 ans vont réduire leurs emissions de GES? Arrêtez de rêver soyez réaliste! , les emmission de GES vont exploser c’est inévitable, seul les gens des pays riches et bien gavés (qui entre parentheses en ont bien profité de puis 100 ans ) sont sensibles à cet argument mais en aucun cas les pays de creve la faim. Bref tout ca c’est du Théatre . Préparons nous au réfauchement ce sera beaucoup plus raisonable et sensé…..

    1. “Moi je n’y connais rien mais…”

      Eh voilà qui dit tout ! Le premier devoir du citoyen est de s’informer. Vous pourriez admettre l’existence de gens qui en savent beaucoup et reconnaître que leur opinion vaut bien plus cher que la vôtre. Les choses ne sont pas simples. La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est due à 50 années de dénie. Je vous invite à lire des articles plus récents sur ce site, en commençant par celui-ci.

      1. Bien dit! ce werner munter est un pseudo scientifique de rien du tout qui raconte que des âneries et quelles aneries pour faire le buzz.Je n’ai pas fait d’études de météo mais pas besoin d’être sorti d’une école de sciences pour comprendre que le taux de CO 2 pollue trop et qu’il a une incidence sur les témpératures et que ce mec est un hurluberlu et qu’on devrait interdire de tels propos voir les bannir..il est absurde ce monsieur et doit retourner dans ses montagnes,bien sûr que des gens en savent beaucoup plus que lui et même mille fois plus et mieux..il y aura toujours des naifs pour gober n’importe quoi.

    1. Vaste question ! Et moi, qui ne suis pas scientifique, mais seulement “scientifiquement lettré”, je ne suis guère compétent pour y répondre. Notamment, je ne peux faire aucun commentaire sur les courbes recalculées, Cependant, quelques points me viennent à l’esprit.

      Pour éminent qu’il soit, le Dr Courtillot se trouve seul à exprimer ces idées. Il fait partie des 3% de climatologues qui ne sont pas d’accord avec les conclusions du GIEC, dont le travail consiste à évaluer l’ensemble des études publiées.

      Il sous-estime sérieusement la vitesse de fonte des calottes glaciaires (Groenland, Antarctique) et donc le danger d’une montée de la mer. Voir ici (Hansen et al. juillet 2015).

      Concernant l’alternance de périodes glaciaires et d’interglaciaires, il a raison… jusqu’à un certain point. Mais il ne va pas au bout de sa propre logique. En effet, depuis au moins 850.000 ans, le niveau de CO2 atmosphérique a été déterminé par la température : plus l’eau est froide, plus elle absorbe de CO2. Mais il ne tient pas compte du fait que, pendant tout ce temps, le Système Terre opérait en vase clos et la quantité totale de CO2 présent soit dans les océans, soit dans l’atmosphère, était constante. Or, depuis 250 ans, nous injectons de vaste quantités de CO2 nouveau dans le système et nous l’avons déséquilibré. Désormais c’est le CO2 atmosphérique qui détermine la température. Voir ici et ici (page 45).

      Enfin, il nous laisse avec une question : “Il faudrait qu’on nous explique…”. Eh bien, ces explications ont été fournies. Voir ici, entre autres. En particulier je vous recommande ce site, et celui-ci. Tous deux sont, hélas, en anglais.

      Bon vent à vous.
      roger

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