« Réchauffement climatique : les experts du GIEC durcissent leur diagnostic »

Ainsi proclame Le Monde, mais il faut chercher loin pour trouver ce titre (ici). Il n’y a aucune mention du GIEC à la Une du site, ni dans les rubriques suivantes, qui sont International, Politique, Economie, Société et Technologies ; ensuite vient Sport, et finalement Planète. Enfin…

Ça y est, le fameux AR5 tant attendu est arrivé : le 5e rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Comme on s’y attendait, les nouvelles ne sont pas bonnes. AR5 confirme et réaffirme les conclusions de l’AR4, à savoir :

  • Le réchauffement global est bel et bien une réalité.
  • La perturbation du climat qui en résulte aura des conséquences très graves.
  • Et c’est de notre faute ; c’est-à-dire que c’est dû aux émissions de CO2.

Par ailleurs – et ceci est une nouveauté – ils établissent un horizon dans le temps : si nous n’agissons pas très vite et de manière radicale pour réduire nos émissions de CO2, dans 30 ans nous dépasserons le seuil des +2° et les conséquences ne seront pas gérables.

Voilà qui est clair.

Toutefois, on sait deux choses concernant le travail du GIECC :

  • C’est un travail on ne peut plus sérieux. Les scientifiques savent que l’AR5 servira de référence pendant des années à venir et auront fait tout leur possible pour s’assurer que leurs résultats tiennent debout. On peut alors supposer : si c’est dans le rapport du GIEC, c’est « vrai » (ils utilisent plutôt le terme « extrêmement probable » mais ça signifie pour eux une probabilité de 95% – pour nous, ça revient au même).
  • En revanche, la structure même du GIEC et son mode de fonctionnement font que ses conclusions sont inévitablement conservateurs, voire très conservateurs. Ce sont les politiques qui ont le dernier mot. Voilà pourquoi le processus qui se déroula à Stockholm la semaine passée s’appelle une négociation. Quand des dizaines de pays arrivent à se mettre d’accord, on peut être sûr que le dénominateur commun retenu n’est point le plus élevé. D’où une deuxième conclusion : si ce n’est pas dans le rapport du GIEC, ce n’est pas forcément « pas vrai ».

Dans cette optique, il y a trois points que je voudrais regarder de plus près :

  • Le scénario +2° qui sert de référence et qui me paraît difficilement justifiable.
  • L’évaluation de l’augmentation du niveau de la mer, qui me paraît pour le moins optimiste.
  • La mention accordée à la géo-ingénierie, qui me paraît extrêmement dangereuse.

Pendant les jours qui viennent, je vais donc me pencher sur les 36 pages du « Résumé à l’intention des décideurs » (que voici) pour en savoir plus. Vous pouvez en faire de même, bien sûr, mais il n’est pas encore disponible en langue française.

A bientôt…

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